ACCUEIL

L’irrésistible ascension de Séverine Goulois

Aujourd’hui, le dernier volet de notre série sur les femmes et le foot.

Le portrait de la capitaine de Bruay-Labuissière, Séverine Goulois.

Originaire de Bully-les-Mines, dans le bassin lensois, Séverine Goulois fait partie du groupe fermé de l’élite du football féminin. A 20 ans, cette étudiante en STAPS consacre la plupart de son temps entre l’équipe de France et celle de Bruay-Labuissière. Rencontre...

Tranquillement, Séverine Goulois raconte son parcours. Comme s’il coulait de source. Et c’est le cas. Sa progression dans le football s’est faite sans peine et la mène à son niveau actuel, c’est-à-dire très haut.
Petite fille, elle joue au football avec les garçons de son quartier, sur l’espace vert derrière chez elle, au pied des terrils. Découvrant qu’elle aime ça, elle entre d’abord dans le club de sa ville natale, à Bully-les-mines. «A 7 ans, je me suis inscrite à l’étoile sportive, en équipe mixte. Une copine est venue avec moi au début. Et très rapidement, je suis restée seule avec les garçons », raconte t-elle, un léger sourire aux lèvres.
Petit à petit, Séverine Goulois progresse et part, à quelques kilomètres de chez elle, taquiner le ballon rond à Bruay-Labuissière. Désormais, elle ne jouera plus qu’en équipe féminine. Pendant trois ans, elle partage la vie du club, d’abord en Nationale 1A pendant deux ans puis en Nationale 1B un an. Ses crampons dorés l’emmèneront ensuite en Alsace pendant deux ans.
A Schiltigheim exactement. Cette équipe, Séverine l’intègre quand son club fêtiche, Bruay, descend de division.
Au fil de ces compétitions nationales, la technique de l’arrière nordiste est remarquée par les sélectionneurs nationaux. Dès son ouverture aux filles en 1998, la Fédération lui propose d’entrer au centre de formation de Clairefontaine. «Je suis partie à seize ans. Ma mère a eu du mal mais mes parents ont vite compris que j’aimais ça», explique t-elle. Elle y restera quatre ans en internat. «J’y ai beaucoup appris. On progresse vite parce qu’on s’entraîne tous les jours sur des points spécifiques». Mais, depuis septembre dernier, elle a decidé de revenir chez elle «pour me retrouver et revoir ma famille».
Cette jeune fille fait partie de l’équipe de France des moins de 21 ans. Une équipe qui ne joue que des matchs amicaux. Elle regrette, au passage, que «cette catégorie ne joue pas de compétitions internationales», comme les féminines A ou les moins de 19 ans. Les jeux de Basile Boli ou Lilian Thuram, elle les apprécie pour «leur aisance, leur témérité de jeu». A leur image, elle rêve de devenir pro. Mais dans un avenir plus proche, elle essaie de faire ses preuves pour participer à la Coupe du Monde, qui aura lieu en Chine cet été. Même si elle vit une grande aventure en équipe de France, Séverine manifeste toujours son attachement à la région. Cette région du Nord, où elle a commencé et où elle revient. Depuis six mois, elle a retrouvé l’équipe de sa consécration à Bruay.
Sa passion du foot lui prend beaucoup de temps. Trois fois par semaine entre dix-neuf et vingt-et-une heure, elle se rend aux entraînements à Bruay. Mais «c’est uniquement une galère d’y aller quand je suis fatiguée.» En plus, bien évidemment, des matchs du week-end et de la faculté de sport, où elle est en STAPS. Une semaine chargée qui n’empêche pas à cette jeune fille «d’aller au cinéma, de voir mes amis», comme tous les jeunes de son âge.
Ses parents ne se sont jamais opposés à sa passion. «Mon père jouait au foot, il m’emmenait aux matchs». L’éternelle empreinte parentale du football, peut-être plus forte que dans n’importe quel sport. «Ils sont fiers de moi». Qui ne le serait pas ?

Axelle Basselet

07.03.03 www.voixdessports.com